Espace pratique
pour les professionnels

Edition 2012

Troisième forum régional des métiers de la formation

Jeudi 21 juin 2012

 

Lieu : Université PAUL VALERY - Route de Mende - Amphi H

THEMATIQUE GENERIQUE : lien formation et responsabilité(s)

TAGS : responsabilité, employabilité, traces, tuteur, accompagnant, acheteur, financeur, partenaires sociaux, gouvernance régionale, développement durable, RSE, sécurisation des parcours, qualité, évaluation, apprenance, apprentissages formel & informel, apprentissages tout au long de la vie, autoformation accompagnée,  compétence


Programme de la journée

 

VIDEOS des intervenants de la journée
 

 

  • Bilan sur le 2ième Programme d'actions collectives - OPCALIA - FFP - UROF
  • Bilan sur l'expérimentation de la formation individualisation en Languedoc-Roussillon

*  Ateliers

  1. Responsabilité et employabilité : entre désirs et injonctions (Vanderspelden?)
  2. De quoi peut-on répondre en formation ouverte à distance? (Chantal Charnet : sciences du langage ( TIC) responsable du master gestions des connaissances, formations et médiations numériques)
  3. Quels liens à construire entre formation et Responsabilité Sociale des Entreprises, développement durable? (Cathy Blanquet - groupe IRFA)
  • Compte Rendu des ateliers, par le  "fil rouge", (Jacques Fraisse - IRTS) 
  • Conférence : Paul SANTELMANN, responsable de la prospective à L'AFPA, (voir son article 2008 « quelle efficacité de la formation professionnelle continue", Actualités de la formation permanente, N° 211)

 


Responsabilité en formation : Jean Vanderspelden

 

Dans le cadre de la démarche Qualité(1) pluriannuelle en faveur des organismes de formation de la région Languedoc Roussillon, le CARIF, avec ses partenaires(2) et l’appui des financeurs,  a organisé à l’Université Paul Valery, le troisième forum régional des métiers de la formation.
La thématique proposée «La responsabilité en formation»  a permis de ré éclairer les pratiques en cours, et surtout, d’échanger pour dessiner les inévitables adaptations, tant aux niveaux pédagogiques, organisationnelles que politiques. Pour cela, plusieurs témoignages d’acteurs régionaux[3]ont été présentés. Des ateliers ont été organisés autour des mots-clés en résonance avec la «responsabilité» comme «Employabilité, Entreprise, Développement, RSE, FOAD, Apprenance etc, … ».
Paul Santelmann, du département prospective de l’AFPA, et co-auteur du récent numéro de la revue Education Permanente «Responsabilité sociale des entreprises et formation», a conclu cette rencontre régionale sur cette thématique neuve. Deux points clés peuvent être soulignés.

 Une continuelle nouvelle donne pour la formation !

 Après avoir participé à la reconstruction de la France d’après Guerre, après avoir été interpellé et mobilisé pour répondre aux premiers impacts de la crise naissante dans les années 1980 (en vue de lutter contre le chômage, en particulier des jeunes), aujourd’hui la formation a cumulé une nouvelle responsabilité : développer l’employabilité des salariés (versus Entreprises & OPCA) et des demandeurs d’emploi (versus Pôle Emploi, FPSPP et collectivités territoriales). Cette lourde et impérieuse mission s’est progressivement installée, tant du coté du marché privé, que public, avec deux évolutions «structurantes». D’abord, le recours au marché a été systématisé avec, comme conséquence, un positionnement des organismes de formation, comme prestataires. Dans la majorité des dispositifs, les organismes sont «réduits» à mettre en œuvre, au coup par coup, des prestations (trop) cadrées.

La deuxième évolution porte sur le déplacement progressif du curseur de responsabilité entre le pôle «employeur» cherchant à déléguer ou «reporter» son pouvoir de décision sur le pôle «salarié». On confie de plus en plus fortement à chaque adulte, quelque soit son statut, le soin de développer par lui-même une nouvelle compétence ; celle liée au «Savoir devenir». Pour cela, notre société numérique nous incite à profiter, dans la mesure du possible et selon nos moyens, de toutes les situations, y compris sur son poste de travail de manière plus ou moins informelle, pour adapter, diversifier et enrichir nos connaissances et nos compétences. Il s’agit de se préparer en continu à occuper des postes de travail à venir, dans un statut souvent de plus en plus éloigné du salariat...

 

De nombreuses études montrent que nous serons amenés à assumer plusieurs emplois, voir plusieurs métiers. La formation n’est plus la seule réponse à cette nouvelle donne.
Devant les incertitudes grandissantes, liés d’une part, à une compétitivité et une complexité mondialisées, liées aussi à des mutations portées par le numérique sur nos modes de travail, de vie et de consommation renouvelés, les injonctions sociétales sont de plus en plus marquées pour que chaque citoyen européen s’inscrive durablement dans une dynamique positive et régulatrice «Apprenant tout au long de la vie». Ici la dynamique «employabilité » se conjugue avec celle «écocitoyenneté». Le paradoxe de cette situation, issue de l’impact des directives européennes liées au concept central de «Long Life Learning » est qu’en France, notre système paritaire a plutôt confié à des tiers, la décision, l’incitation, voire l’injonction, à partir en formation. Pour les cadres et les techniciens supérieurs, cela ne semble toujours pas poser trop de problème ; pour les employés, les ouvriers, les jeunes et les demandeurs d’emploi, l’accès à la formation, en particulier de type FOAD, semble toujours aussi problématique. Cette contradiction lourde est un frein pour que les acteurs de la formation répondent efficacement à la fois, aux attentes légitimes des personnes apprenantes et aux organisations. La responsabilité du politique, partenaires sociaux compris, est d’imager et de mettre en place des accès à la formation ouverte, qui ne passe pas systématiquement par de la prescription avec un financement administré individuellement par un tiers. Redonner un espace d’initiative à une partie des salariés qui ne souhaitent pas se former sous le regard de leur employeur, pour de multiples de raisons est un point qui mérite aujourd’hui un nouveau agencement.

 

La nécessité de l’ouverture

 Les acteurs de la formation ont aujourd’hui trois missions complémentaires ; développer les compétences des apprenants bien-sûr ; construire et animer des espaces temps de formation facilitant ; mais aussi, les aider à s’inscrire dans cette nouvelle dynamique d’apprentissage tout au long de la vie, où ils devront être capable et motivés pour mobiliser toutes les opportunités d’apprentissages rencontrées dans leurs vies personnelle, sociale et professionnelle.

Au cours des échanges, plusieurs personnes ont rappelé que les récentes réformes dans les secteurs de la formation professionnelle avaient comme objectif central et initial, de faire profiter les adultes les plus démunis,[4] c’est-à-dire les moins qualifiés, des actions d’accompagnement et de formation plus ouverte et s’appuyant si nécessaire sur des mises à distance. Pour cela, des actions d’implication apparaissent nécessaires pour aider ces personnes à se reconnaître apprenant, tout au long de la vie. Il s’agirait qu’elles puissent aussi porter elles-mêmes la problématique d’employabilité, dans une dynamique d’anticipation et sécurisation des parcours de formation.

Le constat partagé au cours de cette rencontre régionale reste sévère : la prise en compte de la spécificité de ces publics reste marginale. Notre responsabilité est bien de pouvoir mettre en place quantitativement et qualitativement des actions adaptées, sur la forme et le fond, à des adultes de faible niveau, surtout en entreprise.

Le concept d’Apprenance, en inversant la mise en tension entre offre de formation et besoins des apprenants, peut être un concept qui nous aide à prendre en compte, le triptyque du vouloir apprendre, pouvoir apprendre et savoir apprendre pour un public élargi. Dans cette approche, l’hypothèse du manque de motivation des salariés peu qualifiés, pourrait être revue, non pas faute d’envie d’apprendre et de se former, mais peut être manque d’espace d’expression et de prise en comme adéquat de cette motivation.

 

 

Jean Vanderspelden – ITG Paris Juin 2012 - www.iapprendre.fr

 

Présentation des thématiques des trois ateliers :

Atelier 1  Responsabilité et employabilité : entre désirs et injonctions

Atelier 2 De quoi peut-on répondre en formation ouverte à distance ?

Atelier 3 Quels liens à construire entre formation et Responsabilité Sociale des Entreprises, développement durable ?

 

Atelier 1 - Responsabilité et employabilité : entre désirs et injonctions

 Animateur : Jean Vanderspelden - Consultant FOAD & Apprenance (ITG)

http://www.iapprendre.fr/

Rapporteur : K. Poirier - CARIF LR

 En 1972, 10% des salariés avaient accès à la formation continue; en 2009 le taux est monté à 45% (Source CEREQ).
Face à ce progrès quantitatif réel, peut-on se satisfaire de cette situation, dont nous savons tous, qu'elle est marquée par des inégalités toujours fortes ; liées aux niveaux de formation et à l'âge des personnes, à la taille ou à la localisation des entreprises. Par ailleurs, en estimant que seuls 10% des demandeurs d'emplois bénéficient d'une formation par Pôle Emploi, on mesure que le concept européen "Apprentissage tout au long de la vie" reste à bâtir ou à consolider. 

  • Est-ce à l'initiative de l'apprenant, comme dans la plupart des pays anglo-saxons, ou plutôt de l'entreprise et/ou des partenaires sociaux, comme en France ?
  • Sommes-nous prêts à imaginer et à mettre en œuvre des actions innovantes, plus ou moins formelles, pour que le slogan "Tous apprenants", dans notre société numérique du savoir, consommatrice de compétences sans cesse à renouveler, puisse être une réalité sociale plus équilibrée ? 
  • En tant qu'acteurs du développement de ces compétences, notre responsabilité n'est-elle pas de concevoir, d'animer et de réguler des dispositifs plus ouverts aux services, à la fois de la cohésion et de l'efficacité des territoires, et aussi, de la reconnaissance des personnes ?

 

Atelier 2 De quoi peut-on répondre en formation ouverte à distance ?

Animatrice : Chantal Charnet - Professeur des universités - Directrice de l'Institut des Technosciences de l'information et de la communication (ITIC) http://itic.univ-montp3.fr

Praxiling UMR 5267 CNRS - Université Montpellier 3 http://praxiling.univ-montp3.fr

Rapporteur : Pascaline Blandin - CARIF LR

Cet atelier se propose d’interroger les différentes  facettes de la pédagogie numérique, des supports de cours, à l’enseignement hybride et à distance. Devant cette mutation de l’enseignement, de nombreuses questions se posent comme celles tout simples provoquées par la situation elle-même où les acteurs ne sont plus toujours en face à face ni réunis dans un même lieu.

  • Comment se déroule une formation, ou un  enseignement à distance ?
  • Quels sont les principes organisationnels mis en place ?
  • Comment se construit la relation pédagogique ?
  • De quelle sorte est la relation entre les enseignants et les stagiaires ou étudiants ?
  • Comment « prouver » que les enseignants enseignent et que les stagiaires-étudiants  apprennent ?
  • Y a-t-il de nouveaux acteurs dans cette démarche d’apprentissage ?
  • Comment évaluer les apprentissages ?
  • Comment réaliser des parcours de formations ?
  • Qu’est qu’une ressource numérique 

Bref, toutes ces questions et bien d’autres qui fusent lorsqu’on enseigne ou apprend à distance.

 

Atelier 3 Quels liens à construire entre formation et Responsabilité Sociale des Entreprises, développement durable ?

Animatrice Catherine Blanquet - IRFA-SUD - partenaire QUALECO

http://www.irfasud.fr/

http://www.qualeco.eu/

Rapporteur Marie-Laurence Martin - CAFOC-GIP-Formavie

 « De plus en plus, les organismes de formation européens prennent conscience de la nécessité et des bienfaits d’un comportement responsable tant sur le plan économique, qu’écologique et social.

De son côté, selon des communiqués récents, l’Union Européenne[1], qui perçoit la durabilité comme un facteur clef pour les systèmes financiers et l’économie en général - plus encore dans le contexte de crise économique actuel - encourage les structures de formation à développer leur attractivité et  la qualité de leurs prestations, afin qu’elles soient capables de remplir leur rôle et de garantir la compétitivité Européenne.

Si la formation professionnelle a pour objectif prioritaire l’accès et le maintien dans l’emploi, elle est d’autant plus fructueuse qu’elle permet de se situer dans un environnement plus large et de comprendre un monde en évolution rapide. La compréhension des enjeux sociaux et environnementaux est indispensable pour plus de responsabilisation et d’autonomie des personnes et l’éducation et la formation peuvent et doivent jouer un rôle dans chacun des trois piliers du Développement durable :

 Perspective Environnementale : l’enseignement et la formation peuvent jouer un rôle crucial pour favoriser le changement de comportement des citoyens, par exemple dans le domaine de la consommation,  dans l’utilisation des énergies renouvelables…

 Perspective Sociale : l’enseignement et la formation peuvent  renforcer la cohésion sociale, à travers l’investissement en capital humain et dans les relations interpersonnelles.

 Perspective Économique : l’enseignement et la formation peuvent contribuer à construire une société de la connaissance fondée sur le développement économique durable. 

 Ceci pose de nombreuses questions :  

  •  Comment anticiper ces évolutions sur le plan de l’organisation managériale de nos organismes ?
  • Quelle action globale pouvons-nous entreprendre pour mettre en place des mesures favorables ?
  • Comment mieux valoriser les résultats de la formation?
  • Comment limiter l’impact environnemental du fonctionnement des organismes de formation?
  • Comment contribuer à la sensibilisation des personnes en formation et des salariés ?
  • Comment prendre en compte ces enjeux dans la conception des contenus et méthodes de formation ?


  • [1]Rassemblant autour du Conseil Régional, les principaux financeurs et prescripteurs : AGEFIPH, Pôle Emploi, OPCA, etc…
  • [2] AFPA, CAFOC, CARIF, IRTS, et le SUFCO, avec l’appui du Conseil Régional de Languedoc Roussillon, l’Etat via la DIRECCTE et l’Europe avec la participation des fonds FSE.
  • [3] Deux actions de professionnalisation des acteurs de la formation centrées sur l’individualisation: l’opération expérimentale : Formation Intervenant en Formation Individualisée et l’accompagnement d’un regroupement d’acteurs régionaux  initié par un partenariat FFP et UROF avec le soutien OPCALIA. L’un des produits de sortie de cette action, est la création de la plate-forme de téléformation Form’Alliance portée par la LMS Moodle par sept organismes de formation.
  • [4]qui sont, par ailleurs, es plus nombreux en France, comme dans la plupart des pays de l’OCDE.